Shanghai 2025 : Vers l’AGI incarnée ? Robots humanoïdes, plan industriel et mondialisation de l’intelligence artificielle forte

Shanghai 2025 : Vers l'AGI incarnée ? Robots humanoïdes, plan industriel et mondialisation de l'intelligence artificielle forte

Shanghai 2025 : Le tournant industriel de l’AGI incarnée

En août 2025, Shanghai a révélé au monde son vaste plan stratégique « Embodied Intelligence », marquant une mutation profonde pour la intelligence artificielle générale au service de la robotique humanoïde. L’objectif est clair : faire de la Chine le leader mondial des humanoïdes dotés d’intelligence artificielle forte (AGI).

Le plan, dont les détails sont accessibles sur le China Daily Régional et le Global Times, ambitionne de porter la valeur du secteur à 7 milliards de dollars d’ici 2027, en s’appuyant sur 20 objectifs majeurs :

  • Attirer 100 entreprises leaders dans l’AGI incarnée
  • Lancer 100 scénarios d’application pratique (manufacturing, santé, services…)
  • Faire émerger 100 produits robotiques mondialement compétitifs
  • Créer 5 grandes plateformes publiques pour l’expérimentation, le calcul et l’interopérabilité
  • Accroître massivement les investissements publics, évalués à 139 millions de dollars en subventions initiales
  • Renforcer la R&D sur les systèmes d’exploitation, la perception et le contrôle du mouvement
  • Optimiser l’allocation de ressources entre universités, startups et géants industriels

Les annonces ont été appuyées par des démonstrations spectaculaires de robots humanoïdes opérant en usine ou en livestream, notamment au WAIC 2025. Shanghai ambitionne de devenir la « Silicon Valley » de l’IAG.

Pour mieux comprendre ces annonces, découvrez comment la physical AI pourrait bouleverser la course mondiale à la superintelligence.

Démonstration technologique: L’humanoïde AGI en action

Le WAIC 2025 à Shanghai a marqué un tournant décisif pour l’intelligence artificielle générale incarnée, avec plus de 60 modèles de robots humanoïdes présentés. Parmi les vedettes de l’événement, on retrouve AgiBot, Unitree Robotics et UBTech, démontrant des avancées majeures dans l’autonomie cognitive et la capacité d’adaptation en milieu industriel.

Unitree, par exemple, a dévoilé le robot G1, capable de mouvements dynamiques (marche sur les mains, roues, boxe), illustrant la sophistication de la motorisation et de la prise de décision instantanée (ForkLog). À ses côtés, AgiBot et UBTech déploient des humanoïdes opérationnels dans les usines chinoises, capables d’enchaîner des tâches productives complexes, de s’adapter à des gestes non préprogrammés, et de travailler en sécurité avec des humains. Des démonstrations filmées ont montré ces robots passant de la production à la manutention, et même à la résolution de problèmes en temps réel.

Cette « embodied AI » dépasse largement les modèles algorithmiques occidentaux (Tesla Optimus, Boston Dynamics Atlas). Là où ces derniers brillent par la démonstration technique, les robots chinois affichent une intégration concrète en production, du livestream depuis les chaînes d’assemblage à des situations de travail collaboratif (France Antilles). Certaines vidéos soulèvent néanmoins des questions de sécurité et de contrôle, après l’incident notable d’un robot Unitree (EDS.fr).

Explorez également comment les supercalculateurs neuromorphiques participent à cette révolution, rapprochant la IA générale d’une cognition incarnée.

Compétition mondiale et potentiel disruptif de l’AGI physique

La montée en puissance des robots humanoïdes AGI en Chine bouleverse l’équilibre géopolitique et industriel. Selon Fortune Business Insights, le marché mondial des robots humanoïdes, estimé à 3,28 milliards $ en 2024, vise 66 milliards $ d’ici 2032 – un essor mené d’abord par l’Asie.

La Chine structure désormais toute une filière, investissant massivement et pilotant une convergence entre IA générale, robotique, et industrie lourde (Le Monde). L’ambition : imposer ses standards, grâce à des applications industrielles de robots humanoïdes dans la logistique, la fabrication, l’éducation et la santé. Aux États-Unis, des géants comme Tesla (Optimus) ripostent avec des investissements records (Goldman Sachs prévoit 1,4 million d’unités livrées annuellement d’ici 2035).

Les scénarios d’accélération sont multiples : automatisation avancée des chaînes de production, montée du « coboting » (collaboration humain-robot), bouleversement des métiers de la logistique et de la santé. Cette compétition crée un effet d’entraînement massif sur l’innovation et fait peser des risques de fracture technologique entre les blocs Chine-Occident. La domination d’un acteur sur les plateformes logicielles et matérielles – en particulier dans le domaine de l’intelligence artificielle générale – pourrait redéfinir les rapports économiques et diplomatiques mondiaux.

Pour un décryptage des enjeux internationaux et du  » soft power  » IA, découvrez le Meta Superintelligence Lab et la diplomatie émergente de l’AGI.

AGI incarnée : Quels défis pour la société et la recherche ?

L’AGI incarnée soulève des questions sociétales et éthiques inédites. L’intégration de robots humanoïdes cognitifs dans les usines transforme la relation travailleur-machine: la sécurité au travail requiert de nouveaux protocoles, tandis que des incidents spectaculaires (tels que celui d’un robot ayant agressé des employés en simulation) renforcent les appels à une régulation adaptée (LeBigData).

Les craintes concernant l’emploi sont fondées: l’automatisation massive promet l’essor de nouveaux métiers liés à la supervision, la programmation ou la maintenance des humanoïdes, mais aussi la disparition accélérée de plusieurs qualifications traditionnelles (Topics Conseil). À cela s’ajoutent les enjeux de l’alignement moral de ces agents physiques. Comment encadrer leur autonomie et garantir une coopération éthique ? Les débats autour de l’embodied cognition replacent la recherche cognitive au centre du progrès, appelant à une réflexion sur la généralité intellectuelle : une intelligence artificielle générale doit-elle savoir manipuler le monde autant que raisonner ?

La régulation internationale devient cruciale pour éviter une course non maîtrisée à la puissance robotique. L’Union Européenne, la Chine et les États-Unis font évoluer leurs cadres législatifs – souvent en décalage avec le rythme effréné de l’innovation (voir Eduscol). La perception du public demeure contrastée: fascination technologique mais aussi anxiété face à la  » généralité physique  » de la prochaine génération d’IA.

Pour approfondir la réflexion, la rubrique IAG analyse l’ensemble de ces enjeux à la croisée des sciences sociales et cognitives.

Conclusion : La fabrique chinoise de l’AGI – Début d’une nouvelle ère ?

L’année 2025 à Shanghai restera comme un moment charnière: la transition vers une robotique dotée d’intelligence artificielle générale opérationnelle, intégrant massivement la cognition physique et la capacité d’agir dans le monde réel. Cette transformation enclenche une nouvelle ère : celle d’une AGI incarnée et de la compétition mondiale.

  • Ce qui change durablement: l’intégration rapide dans l’industrie, la normalisation des robots humanoïdes comme partenaires de travail, et une montée des marchés robotiques émergents à l’échelle planétaire.
  • Points de vigilance: sécurité sur le lieu de travail, respect de l’éthique algorithmique, gestion des emplois déplacés, et nécessité d’une régulation internationale souple et proactive.
  • Signaux faibles à surveiller: émergence de standards industriels chinois, percées en robotique neuromorphique, montée du débat public sur la dépossession de savoir-faire, ou encore, alliances technologiques inédites entre pays autrefois concurrents.

Pour les professionnels et la communauté intelligence artificielle générale, le « moment Shanghai » inaugure une période d’innovation féroce, mais aussi d’incertitudes. Rester informé sur la ia générale devient indispensable: les véritables gagnants seront ceux qui sauront anticiper et adapter les prochains bouleversements.