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OVH, Souveraineté Numérique et Cloud AGI : Le pari européen face aux géants américains

OVH, Souveraineté Numérique et Cloud AGI : Le pari européen face aux géants américains

Introduction : OVH se lance à l’assaut du cloud AGI européen

Le 14 novembre 2025 marque un tournant stratégique pour l’Europe numérique : Octave Klaba, fondateur et désormais PDG d’OVHcloud, affiche son ambition de faire du leader français une place forte du cloud destiné à l’intelligence artificielle générale (AGI) sur le Vieux Continent. Ce positionnement, à un carrefour technologique et géopolitique, n’est pas un hasard : la maîtrise locale des infrastructures pour héberger des IA toujours plus puissantes est désormais synonyme de souveraineté numérique. Face à la domination des GAFAM sur le stockage et la gestion des données européennes, OVHvise à offrir une alternative européenne crédible et sécurisée pour les projets les plus critiques.

Ce pari intervient dans un contexte où la réglementation européenne, comme l’AI Act, vient rebattre les cartes des infrastructures IA, tandis que la demande pour des plateformes d’IAG explose au sein de la recherche, des industries et des institutions.

Pourquoi ce changement radical maintenant ? L’usage d’AGI, ou IA généraliste, nécessite des supercalculateurs, une gouvernance technique stricte et surtout, la garantie que les données européennes restent sous le contrôle d’opérateurs locaux. Le retour aux commandes d’Octave Klaba, connu pour ses prises de positions en faveur d’une souveraineté numérique réelle, est ainsi le signal d’une nouvelle bataille européenne pour reprendre la main face aux géants américains et chinois. Cette nouvelle course au cloud AGI s’annonce décisive pour l’avenir de la superintelligence artificielle en Europe.

Cloud AGI : architectures, enjeux et la bataille mondiale

Le cloud pour l’intelligence artificielle générale (#AGI) désigne l’ensemble des ressources informatiques massives, distribuées et flexibles nécessaires à la recherche et à la production d’IA au niveau humain. À la différence du cloud traditionnel, le cloud AGI requiert une architecture pointue: réseaux ultra-rapides, stockage distribué haute performance, gestion énergétique avancée et, surtout, l’accès à des fermes de GPU de dernière génération et à des supercalculateurs spécifiquement optimisés pour les besoins de l’AGI.

Les leaders du secteur sont les hyperscalers américains (Microsoft Azure, Google Cloud, AWS) et désormais asiatiques (Alibaba Cloud, Huawei) – tous capables de déployer d’énormes capacités de calcul à la demande, accompagnées d’outils propriétaire pour le déploiement et l’entraînement de modèles AGI. En 2023, Microsoft a par exemple investi plus de 10 milliards de dollars dans OpenAI et ses supercalculateurs (source), tandis qu’Amazon muscle son jeu avec des investissements massifs dans des infrastructures cloud dédiées à la superintelligence.

La compétition mondiale dépasse la simple rivalité commerciale : elle touche à la sécurité des données stratégiques, à l’autonomie technologique et à la capacité d’innovation scientifique et industrielle. Maîtriser l’infrastructure cloud AGI, c’est se garantir une place dans la nouvelle économie de la superintelligence, où chaque retard se paye en opportunités perdues dans les domaines de la recherche, de l’armée, de l’éducation ou de la santé.

OVH et le pari du cloud souverain : ambitions, défis et limites

Le plan stratégique d’OVH pour s’imposer sur le marché du cloud AGI s’articule autour de trois axes majeurs : investissements dans de nouveaux centres de données, innovations techniques, et alliances industrielles européennes. En 2025, OVHcloud gère plus de 44 data centers avec plus de 450 000 serveurs répartis dans 9 pays (source), alliant haute sécurité physique, efficacité énergétique et conformité réglementaire européenne.

Du côté des innovations, OVH mise sur la transparence logicielle, l’automatisation poussée et des infrastructures « vertes », avec pour ambition la neutralité carbone et l’usage massif d’énergies renouvelables. Sur le volet sécurité, l’entreprise développe des solutions intégrant des technologies post-quantique pour se prémunir contre les menaces émergentes (source). Elle affiche également sa volonté de garantir la réversibilité des données et l’absence de « lock-in » pour les utilisateurs.

Néanmoins, le défi est de taille. OVH doit composer avec la concurrence féroce des géants du cloud, la nécessité d’investir lourdement en R&D, et le besoin de tisser des partenariats stratégiques pour accéder aux dernières générations de GPU. La crédibilité d’OVH tiendra aussi à sa capacité d’attirer les meilleures compétences – des talents souvent débauchés par les GAFAM ou les acteurs asiatiques, un point mis en lumière dans cet article sur les accès GPU.

Les experts soulignent à la fois la pertinence de cette stratégie souverainiste et la difficulté de rivaliser sur le terrain de l’investissement massif et de la scalabilité, où les américains et chinois partent avec de solides longueurs d’avance. Reste à savoir si le pari d’OVH, alliant transparence, performance et souveraineté, saura réellement convaincre les entreprises et institutions européennes.

Cloud ouvert vs cloud propriétaire : les alternatives européennes pour l’AGI

L’opposition entre cloud souverain européen, cloud public GAFAM et initiatives open source structure désormais le débat sur l’intelligence artificielle générale. Aujourd’hui, plus de 70% des données européennes sont hébergées chez Amazon, Microsoft ou Google (source), exposant entreprises et administrations à un risque de dépendance technologique et de fuite des données sensibles. À l’inverse, les clouds souverains comme OVH visent une gouvernance locale, conforme au RGPD et aux exigences de sécurité européennes.

Les alternatives open source montent en puissance : solutions telles que Nextcloud ou OpenStack favorisent la transparence, l’interopérabilité et la réversibilité, limitant le verrouillage propriétaire. Ces offres séduisent particulièrement la recherche scientifique, le secteur public et l’éducation, où la maîtrise du code et des données prime sur les services intégrés des GAFAM.

Le principal défi reste la capacité d’innovation et de montée en charge rapide : aujourd’hui, seuls les hyperscalers peuvent offrir des performances massives, instantanément mobilisables pour l’entraînement de modèles d’AGI. Mais la « troisième voie » européenne – un cloud ouvert gouverné par l’UE, associant souveraineté, sécurité et scalabilité – commence à émerger, portée par des alliances public-privé et une réglementation plus ferme. Plus d’analyses sur ce point dans cet article sur la géopolitique des supercalculateurs IA.

Les cas d’usage? Citons la recherche génomique, la défense ou la formation universitaire à grande échelle, où l’équilibre entre souveraineté, performance et liberté technologique s’avère crucial pour éviter une « colonisation » numérique.

Conclusion : L’Europe peut-elle reprendre la main sur l’infrastructure AGI ?

L’offensive d’OVH sur le segment du cloud AGI sonne comme un appel à la mobilisation pour toute l’Europe. S’il veut combler son retard face aux GAFAM et acteurs asiatiques, le continent doit investir massivement dans les supercalculateurs, garantir l’accès aux composants stratégiques (GPU, réseaux, stockage), attirer et retenir les meilleurs talents, et surtout, développer une gouvernance européenne forte sur les questions de sécurité, de souveraineté et d’éthique de l’intelligence artificielle générale.

La réussite du pari OVHcloud dépendra de sa capacité à fédérer autour de lui industriels, institutions et communautés open source pour bâtir une plateforme résolument européenne et compétitive, sans céder aux facilités du « cloud washing » qui menace l’autonomie du continent (source).

Face à l’urgence de la superintelligence artificielle, la réponse européenne tarde à se structurer. Mais l’impulsion d’acteurs comme OVH, alliée à une politique industrielle volontariste et à l’essor de solutions open source, pourrait catalyser un sursaut vital. À suivre : la vitesse de déploiement des nouvelles infrastructures, la capacité à s’émanciper des chaînes d’approvisionnement extraterritoriales et, surtout, la volonté politique de faire du cloud AGI une « infrastructure vitale  » pour notre ère digitale.

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