Montée des inquiétudes : Quand l’AGI alimente les mobilisations anti-tech
Au cours des derniers mois, les inquiétudes autour de l’intelligence artificielle générale (AGI) ont donné lieu à une intensification des mobilisations antifascistes à travers l’Europe et au-delà. Les actions de protestation se multiplient, à l’image des appels au rassemblement devant des institutions technologiques ou politiques. Par exemple, en juillet 2024, le collectif Action Antifasciste Paris-Banlieue lançait un appel à manifester devant l’Assemblée nationale, traduisant une peur croissante face à la place croissante de la IAG dans la société (source).
Des groupes militants s’organisent pour dénoncer le risque de voir l’AGI devenir un instrument de surveillance et de domination à grande échelle, alimentant le spectre d’un « techno-autoritarisme ». D’autres actions, moins visibles mais tout aussi déterminées, se déroulent sur les campus universitaires, dans des centres de calcul ou via des campagnes de désobéissance numérique. Parmi les mouvements moteurs, on retrouve l’Action Antifasciste Paris-banlieue, Europalestine, et d’autres collectifs impliqués dans l’organisation de manifestations, tribunes et hacktivisme (Ripostes).
Le point commun de ces mobilisations: une volonté farouche d’exiger davantage de transparence et de participation citoyenne dans les décisions sur l’avenir de l’intelligence artificielle, perçue comme une question majeure de société. La crainte d’une définition unilatérale de l’AGI par quelques acteurs privés ou étatiques continue d’alimenter la colère, résonnant jusque dans des tribunes publiques, blacklists d’entreprises et campagnes coordonnées en ligne.
Les ressorts d’une méfiance radicale : Techno-pouvoir, injustice et mémoire historique
Derrière la mobilisation antifasciste contre l’ia générale se dessine une histoire de peurs et d’injustices accumulées. Les opposants à l’intelligence artificielle générale redoutent la fusion des intérêts entre Big Tech et États, craignant des dérives similaires aux régimes totalitaires du siècle dernier (Roboto.fr). L’analogie avec le fantasme « Skynet » nourrit l’imaginaire militant : une intelligence artificielle forte autonome pourrait, selon eux, imposer une société sous contrôle, amplifiant la surveillance et la marginalisation des plus fragiles.
Historiquement inspirés par les luttes contre l’automatisation et la déshumanisation, les militants affichent une défiance viscérale envers les « machines de pouvoir ». Leur corpus idéologique puise autant dans le refus du capitalisme numérique que dans la mémoire des dispositifs de surveillance mis en place au fil des grands épisodes totalitaires (Veille éternelle). Leur crainte se cristallise autour de l’absence de mécanismes de gouvernance robustes capables d’endiguer les biais, discriminations et risques de manipulation de masse manipulés par une AGI devenue opaque.
Parmi les principaux arguments: la superintelligence artificielle pourrait accélérer la concentration des richesses et du pouvoir, entraver la démocratie et exacerber les inégalités sociales. Le spectre de l’IA utilisée pour la surveillance de masse, le fichage politique ou le profilage automatisé mobilise aussi bien le camp antifasciste que les défenseurs des droits humains, incitant à des moratoires ou à la régulation extrême (moratoire sur la superintelligence).
Des idées à l’action : Les nouvelles formes de lutte face à l’IA forte
Face à la montée de l’intelligence artificielle générale, la contestation passe à l’action directe: manifestations devant les sièges d’OpenAI après la signature de contrats militaires, occupations de campus et de centres de calcul, campagnes de désobéissance numérique, et publications de blacklists ciblant des firmes impliquées dans l’AGI (Next.Ink). Ces derniers mois, des collectifs comme Pause AI et Action Antifasciste Paris-banlieue ont multiplié sit-ins, actions symboliques et interpellations publiques pour exiger des moratoires, ce qui fait écho à des appels similaires autour de la IAG.
Sur le plan numérique, le hacktivisme antifasciste s’organise en déployant des contre-manifestes digitaux, des campagnes virales et des opérations de blocage sur les réseaux sociaux. Ces formes de lutte cherchent à visibiliser la contestation mais aussi à imposer le débat sur les risques systémiques : listes noires diffusées en ligne, appels à la grève des outils d’intelligence artificielle, dénonciation de projets perçus comme toxiques pour la démocratie.
La richesse de ces nouveaux modes d’action traduit une radicalisation et une professionnalisation de la résistance: collectifs intersyndicaux, alliances artistiques ou universitaires, campagnes coordonnées à l’international. Ce front d’actions, inédit dans l’histoire de la technique, rappelle combien la régulation de l’AGI mobilise des forces sociales bien au-delà du secteur technologique, jusqu’au cœur des luttes sociales et politiques actuelles.
Dialogue ou conflit ? Les réponses du secteur et l’émergence d’un débat inédit
Face à cette mobilisation antifasciste qui secoue la scène de l’ia générale, la réponse des grandes entreprises et instituts de recherche oscille entre dialogue prudent, stratégie de transparence et communication de crise. Plusieurs laboratoires et entreprises leaders, sentant la pression de la société civile, ont tenté de désamorcer le conflit par la publication de chartes éthiques et l’annonce de nouveaux dispositifs de contrôle démocratique de leurs modèles (Conseil d’État).
Dans certains cas, des plateformes de dialogue ont été ouvertes, associant militants, chercheurs et entreprises autour de tables rondes ou d’ateliers publics. Cependant, nombre d’activistes jugent ces efforts largement insuffisants ou relevant d’une communication « blanche », sans réel transfert de pouvoir (voir aussi la bataille pour la superintelligence IA).
Quelques voix, dans le monde de l’IAG, plaident néanmoins pour un dialogue approfondi, posant les jalons d’une gouvernance partagée. Mais à mesure que les mobilisations se radicalisent, une polarisation croissante se dessine, chaque camp durcissant ses positions. Reste la question cruciale : la société saura-t-elle inventer de nouveaux espaces de délibération et d’ouverture ou assistera-t-elle à une fracture durable entre industrie, politiques et citoyens?
Conclusion : Un avertissement et une opportunité pour la réflexion globale sur l’IA
L’irruption de la riposte antifasciste face à l’intelligence artificielle générale agit comme un signal d’alarme sur les tensions démocratiques soulevées par la montée en puissance de l’AGI. Cette contestation ne se limite pas à la résistance frontale : elle invite aussi à réévaluer la place de la IA générale dans la société, à repenser la gouvernance technologique et à ouvrir un débat démocratique réel, au-delà des slogans et des postures (HEC).
L’évolution de ce nouveau front interroge : va-t-on vers une aggravation du fossé entre industrie et société civile ou vers la recherche de nouvelles synthèses, intégrant la critique radicale et la participation citoyenne ? Plus que jamais, l’intelligence artificielle générale cristallise les attentes et les craintes: défiance envers l’automatisation, nécessité de contrôle démocratique et, surtout, volonté de ne pas abandonner à quelques acteurs le pouvoir de dessiner l’avenir collectif (retours sur le doute envers l’AGI).
Ce contexte inédit forme donc, au-delà du conflit, une opportunité vitale pour réinventer le débat public sur l’AGI, avant que la méfiance sociale ne se transforme en clivage irréductible. Il s’agit d’un test grandeur nature pour la maturité démocratique de nos sociétés à l’heure de la superintelligence artificielle.

